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UNION EUROPEENNE - AFRIQUE DE L'OUEST
DIAGNOSTIC STRATEGIQUE DE FILIERES AGRO INDUSTRIELLES - RAPPORT BENIN
 
 
Préparé pour : PRIMS - CDE pour le compte de la Commission européenne et de la CEDEAO
Le présent rapport, et la recherche que sa réalisation a impliqué, sont le travail de SOFRECO, France, assistée par une équipe de consultants locaux en Afrique de l'Ouest, dans le cadre du contrat signé entre SOFRECO et Metra Sofres Ltd au Royaume Uni.

Ce rapport a été élaboré avec l'aide financière de la Commission des Communautés Européennes. Les vues qui y sont exprimées sont celles du Consultant et ne sauraient en aucun refléter l'opinion officielle de la Commission.


TABLE DES MATIERES

1. Informations générales sur le pays

1.1.  Chiffres clés de l’économie

1.2. Contexte économique du développement

1.3. L’agriculture, l’élevage et la pêche dans l’économie

2. Filières agro-industrielles sélectionnées.

2.1. Filière céréales et autres produits vivriers.

2.1.1. Généralités sur la filière.

2.1.2. Statistiques de production.

2.1.3. Transformation locale.

2.1.4. Potentialités et contraintes.

2.1.5. Besoins de partenariat

2.2. Filière fruits et légumes..

2.2.1. Généralités sur la filière.

2.2.2. Statistiques de production, de commercialisation et prix des produits.

2.2.3. Organisation du secteur, principaux opérateurs et débouchés.

2.2.4. Potentialités et contraintes.

2.3. Filière pêche et aquaclture..

2.3.1. Généralités sur la filière.

2.3.2. Production, commercialisation et prix des produits.

2.3.3. Transformation locale.

2.3.4. Potentialités et contraintes.

2.3.5. Besoins de partenariat

2.4. Filière anacarde

2.4.1. Généralités sur la filière.

2.4.2. Statistiques de production, de commercialisation et prix des produits.

2.4.3. Organisation du secteur et principaux opérateurs.

2.4.4. Potentialités et contraintes.

  1. Informations générales sur le pays

1.1.  Chiffres clés de l’économie

Taux d’inflation                                                   +0,3%             +4,2%             +4,6%[1]

1.2. Contexte économique du développement

Au début des années 1990, la République du Bénin définissait les grandes orientations de sa politique agricole à travers la Lettre de Déclaration de Politique de Développement Rural (LDPDR), signée le 31 mai 1991. Par la suite intervenait la mise en œuvre du Projet de Restructuration des Services Agricoles (PRSA) et la tenue de la Table Ronde du Secteur Rural en septembre 1995. Dans le même temps, l’Etat prenait différentes options politiques visant l’ouverture internationale, l’intégration aux dynamiques économiques régionales et la libéralisation interne de l’économie.

En 1999/2000, le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche réaffirmait les choix stratégiques retenus (Déclaration de Politique de Développement Rural de juin 2000), précisait les problématiques sectorielles et transversales (Schéma Directeur du Développement Rural approuvé en avril 2000) et définissait la mise en œuvre de la politique nationale de développement rural (Plan Stratégique Opérationnel approuvé en août 2000).

Le Bénin affirme ainsi sa volonté de réduire la dépendance vis-à-vis des importations et de diversifier l’offre d’exportation via l’amélioration de la compétitivité et une meilleure gestion de la qualité tout au long des filières de production. Les productions agricoles tournées vers l’exportation et/ou susceptibles d’être valorisées pour le marché national sont encouragées.

1.3. L’agriculture, l’élevage et la pêche dans l’économie

Le secteur primaire, base de l’économie béninoise, représente près de 38% du PIB et occupe 80% de la population active. A l’exception du riz et des protéines animales, le Bénin couvre ses besoins alimentaires grâce à la production locale.

Le coton, cultivé dans le nord du pays, est la principale culture industrielle destinée à l’exportation. Elle concerne environ 300 000 petites exploitations et apporte entre 80 et 90% des recettes d’exportation du pays. Il s’agit de la seule culture dont la filière est organisée : les producteurs sont regroupés au sein des Centres d’action régionaux pour le développement rural (CARDER).

Outre le coton, le palmier à huile, et dans une moindre mesure, l’arachide, le café et le tabac constituent les produits d’exportation traditionnels du pays. Dans le cadre de sa politique de diversification agricole, l’Etat tente toutefois de promouvoir d’autres filières, parmi lesquelles le riz, le manioc, le maïs, l’ananas et la noix de cajou. Ces différents produits souffrent toutefois de contraintes multiples, notamment pour assurer des approvisionnements stables et des exportations quantitativement significatives. Pour certaines cultures, cette difficulté est liée à l’inexistence de plantations industrielles. Pour d’autres, elle tient à la faible organisation des filières. L’absence de politique de crédit pour soutenir la production à l’exportation constitue un autre handicap.

Le sous-secteur de l’élevage représente environ 4% du PIB national et ¼ du PIB sectoriel. La production animale demeure modeste et peu structurée. De la même façon, la pêche, qui représente 2% du PIB, reste une activité artisanale dont les produits ne couvrent pas les besoins nationaux.

2. Filières agro-industrielles sélectionnées

Parce qu’elles font l’objet d’un certain renouveau, nous avons retenu la filière céréales et produits vivriers, la filière fruits et légumes ainsi que le secteur de la pêche, avec un accent particulier sur la filière crevettes. Nous avons également abordé la nouvelle source de devises que représente l’anacarde, en passe de devenir la principale exportation en valeur du pays derrière le coton.

2.1. Filière céréales et autres produits vivriers

2.1.1. Généralités sur la filière

Au cours de la campagne 1997-98, les emblavures en cultures annuelles occupaient 1,8 millions d’hectares, soit 38% de la superficie totale cultivable, estimée à 4,8 millions d’hectares. Les céréales et les tubercules et autres racines tubérisées représentaient plus de 60% des superficies cultivées.

Parmi les céréales, les principales cultures en terme de surface cultivée sont le maïs (75% des surfaces céréalières en 1997-98) et le sorgho (19%). Le manioc et l’igname constituent l’essentiel des surfaces cultivées en tubercules et autres racines tubérisées (respectivement 57% et 40% des surfaces en 1997-98). Le maïs est principalement cultivé dans la moitié sud du Bénin, le sorgho dans la moitié nord. Une grande partie du manioc est cultivé dans les départements côtiers. Les départements de l’Atacora (au nord-est) et de l’Atlantique (au sud) produisent à eux deux près de 80% de l’igname.

Si tous ces produits apparaissent avant tout comme des produits vivriers concourants à la sécurité alimentaire du pays, certains, tels le maïs et le manioc, sont susceptibles de présenter des débouchés pour les industries de transformation locales et sur les marchés extérieurs.

2.1.2. Statistiques de production

Tableau 1 : Productions vivrières (en milliers de tonnes)
 

1995

1996

1997

1998

1999

2000

évolution 1995/2000

Maïs

576

556

728

662

679

663

+ 15,1%

Millet

22

24

27

29

30

34

+ 54,5%

Sorgho

117

110

120

138

142

136

+ 16,2%

Riz (paddy)

17

22

29

36

37

44

+ 158,8%

Manioc

1 238

1 457

1 926

1 989

2 063

2 800

+ 126,2%

Igname

1 286

1 342

1 514

1 584

1 628

1 773

+ 37,9%

Source : Faostat.

Le maïs, le manioc et l’igname confirment leur place de principaux produits vivriers. Parmi ces trois cultures, la production de manioc a enregistré la plus forte croissance au cours des dernières années, suivant ainsi la forte hausse de la demande intérieure en farine de manioc (gari), l’un des aliments les moins chers du marché. Le manioc et l’igname totalisaient 4,5 millions de tonnes en 2000, soit un équivalent de 1,1 millions de tonnes de produits transformés.

Les productions de riz et de millet restent moins importantes, même si elles connaissent de fortes progressions. Celle du riz est sans doute en partie liée à la promotion de cette filière dans le cadre de la politique de diversification agricole. La production actuelle ne permet toutefois pas de couvrir les besoins nationaux, estimés à plus de 80 000 tonnes.

En ce qui concerne les rendements, les performances des principales cultures sont relativement modestes : à peine 1,2 t/ha pour le maïs, entre 10 et 11 t/ha pour l’igname et le manioc. Il existe donc des marges importantes pour améliorer la productivité, les rendements en manioc pouvant par exemple atteindre jusqu’à 40 t/ha.

2.1.3. Transformation locale

a. Description du secteur de la transformation

Si l’on excepte la filière blé – largement dépendante des importations – pour laquelle il existe deux minoteries (les Grands Moulins du Bénin et les Grands Moulins du Golfe), la transformation des céréales et autres produits vivriers demeure très artisanale et essentiellement tournée vers l’autoconsommation.

Il existe cependant trois décortiqueries de paddy, qui appartenaient auparavant à l’Etat : l’ex-MITRO dans l’Ouémé, l’ex-SACLO dans le Zou, ainsi qu’une rizerie installée à Nattitirou. Dans les trois cas, l’équipement, de type semi-artisanal, est assez sommaire.

L’Etat avait également installé une maïserie industrielle d’une capacité de 35 000 tonnes par an à Bohicon, laquelle a été privatisée en 1996. Le repreneur, la société SOCIA, annonce toutefois une activité dérisoire (15% de la capacité), principalement en gritz de brasserie et en farines ménagères dont la qualité organoleptique n’est toutefois pas pleinement en phase avec la demande. En fait, ce dernier marché est complexe, fragmenté, mal connu et les technologies industrielles appropriées ne sont pas réellement maîtrisées.

Par ailleurs, la demande en produits du manioc a suscité la création d’une multitude de petites unités artisanales de transformation commercialisant de l’amidon, du gari et même des cossettes quand les débouchés à l’international offrent une bonne rentabilité. Les établissements ADEOSSI à Savé possèdent la seule installation industrielle de fabrication de gari, dotée d’une capacité de râpage de l’ordre de 50 à 100 tonnes par jour. Incapable de produire en régie une quantité suffisante de racines (par manque de main-d’œuvre) et face aux échecs de contractualisation avec les petits producteurs, l’unité, qui connaît en outre des problèmes techniques (déséquilibre dans les capacités de production des différentes opérations), aurait récemment cessé ses activités.

c. Positionnement des produits et débouchés

Le Bénin, qui importe du riz, du blé et des farines de blé, est globalement autosuffisant pour le maïs et même parfois exportateur vers les pays de la région (Niger, Burkina, Nigeria, Gabon, Congo…). Il est très régulièrement excédentaire en ce qui concerne le manioc.

Le manioc et le maïs sont parmi les produits les plus commercialisés et les plus prometteurs en termes de débouchés et de potentiel de croissance. Les statistiques d’exportation affichent ainsi 440 tonnes de produits du manioc en 1999 et 195 tonnes l’année suivante, et ce vers des destinations diverses : France, Congo, Gabon, Etats-Unis, Sénégal, Niger, Nigeria, Ghana. Les produits exportés sont sans doute plus ou moins transformés car les prix déclarés s’inscrivent dans une fourchette large (30 à 300 FCFA/kg), avec une moyenne à 80 FCFA/kg en 1999 et 153 FCFA/kg en 2000.

Tableau 2 : Analyse théorique du prix de revient du manioc
sur la base d’une valeur CAF de 100 USD/tonne

Valeur CAF Europe

100 USD/tonne (cossettes)

Valeur FOB Cotonou

65 USD/tonne[2]

soit 39 FCFA/kg[3]

Frais de mise à FOB

14 FCFA/kg

Prix ex-entrepôt Cotonou

25 FCFA/kg

Frais au port et frais de transport intérieur

12 FCFA/kg

Prix de vente des transformatrices artisanales et semi-industrielles

13 FCFA/kg

Prix au producteur

4,35 FCFA/kg (tubercules frais)[4]

Source : Racaud / PADSE, 1999.

Dans la mesure où le producteur a un coût de revient supérieur à 8 FCFA/kg et où il vend son manioc aux transformatrices à plus de 22 FCFA/kg, il lui faudrait multiplier son rendement par 5 pour maintenir son revenu.

Concernant le maïs, en 1999, la maïserie de Bohicon effectuait des livraisons régulières, par contrat, de gritz de maïs aux brasseries béninoises, répondant ainsi à la totalité de leurs besoins (environ 150 tonnes mensuelles). Par la suite, l’entreprise a connu des difficultés commerciales, ne parvenant pas à faire accepter son gritz par les responsables du groupe CASTEL, la principale brasserie béninoise. Quant à la farine, la production a été affectée par la présence de charançons, rendant le produit impropre à la consommation, et les ventes n’ont évolué que très lentement du fait de la concurrence des méthodes traditionnelles de transformation.

2.1.4. Potentialités et contraintes

L’autosuffisance alimentaire du pays demeure précaire en raison de fortes disparités régionales relatives aux niveaux de production. Celles-ci sont accentuées par des problèmes de desserte rurale (mauvais état des routes) et des problèmes à caractères technique et saisonnier (faible performance des systèmes de stockage, de transformation et de conservation).

L’Europe, qui importe plus de 3 millions de tonnes de cossettes par an, offre un débouché garanti pour les produits dérivés du manioc destinés à l’alimentation animale. Le manioc béninois présente sur ce marché des atouts indéniables, notamment en terme de qualité : sa teneur en amidon est par exemple supérieure à celui de la Thaïlande, principal fournisseur de l’UE. Pourtant, le Bénin ne parvient qu’à livrer des quantités minimes, et ce malgré la forte croissance de la production nationale de racines fraîches de manioc. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer la faiblesse des surplus disponibles pour l’exportation :

Ø      le niveau élevé de la consommation locale, notamment en gari, un aliment très bon marché, qui a vu sa consommation augmenter après la dévaluation et la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs ;

Ø      la faiblesse du rendement de transformation : il faut 3 kg de racines fraîches de manioc pour obtenir un kilo de manioc sec ;

Ø      des prix peu incitatifs : la marge bénéficiaire des producteurs est relativement faible (inférieure à 10%), d’autant qu’on observe une tendance à la baisse des prix offerts par les exportateurs, confrontés au problème de la compétitivité du manioc béninois sur le marché international (la fixation des prix est liée à l’évolution du prix des céréales fourragères et du soja, subventionnés par l’UE).

Comme nous l’avons vu précédemment, et compte tenu de la structure des prix sur le marché mondial, l’organisation d’une filière d’exportation pour les cossettes de manioc nécessiterait d’améliorer très fortement la productivité par hectare.

Qu’il s’agisse du manioc ou du maïs, les technologies et les process pour la production industrielle des farines ménagères ne sont pas parfaitement maîtrisés. Les productions des principales unités du secteur ne sont pas compétitives sur le marché local en termes de prix et de qualité. Sur ce dernier point, on constate une inadéquation entre les qualités organoleptiques des produits industriels et les habitudes des consommateurs béninois.

En revanche, la qualité du gritz de maïs béninois est relativement bonne, ce qui permettrait d’envisager des livraisons à l’ensemble des brasseries ouest-africaines, qui importent régulièrement ce produit d’Europe et d’Afrique du Sud.

2.1.5. Besoins de partenariat

La gamme des produits dérivés du manioc est variée : gari, tapioca, amidon ou fécule, cossettes, aliments du bétail. L’Etat recherche actuellement des financements pour organiser cette filière en vue de l’exportation et dans le cadre de projets précis.

Une meilleure structuration de la commercialisation du maïs devrait contribuer à renforcer l’autosuffisance du pays et permettrait de répondre aux besoins de la maïserie (à travers l’usine de Bohicon) et de l’industrie de la brasserie, grande consommatrice de gritz de maïs.

2.2. Filière fruits et légumes

2.2.1. Généralités sur la filière

La production des fruits a connu au Bénin un certain essor à compter de la décennie 1980. Les principaux fruits produits sont par ordre d’importance : l’ananas, les agrumes, la mangue, les bananes, l’avocat, la papaye et la goyave.

Aucune méthode appropriée de conservation des fruits frais n’existe au Bénin. Le froid est assez peu utilisé compte tenu de son coût prohibitif. De même, le séchage des fruits pour l’autoconsommation ou la commercialisation est relativement peu connu. En revanche, il existe une production artisanale de jus, confitures, sirops et nectars mais les quantités sont faibles.

En ce qui concerne les cultures maraîchères, la gamme est très variée. La production de tomates est de loin la plus importante, avec plus de 60% du tonnage maraîcher. Les autres productions importantes sont le gombo, le piment et l’oignon. Selon les habitudes alimentaires, les légumes sont commercialisés et consommés soit frais soit séchés.

En raison des potentialités d’exportation ou de valorisation locale, nous retenons quatre produits : l’ananas, les agrumes, la tomate et le piment.

2.2.2. Statistiques de production, de commercialisation et prix des produits

a. L’ananas

Les zones de production traditionnelles sont le Mono, le Zou, l’Ouémé et l’Atlantique. La dernière région, et en particulier le Plateau d’Allada, héberge les plantations les plus modernes qui produisent pour l’exportation. Les variétés cultivées sont la Cayenne lisse (notamment pour l’export) et le Pain de sucre (principalement pour le marché local).

La production d’ananas est assurée par des plantations modernes mais aussi par des petits producteurs regroupés au sein de groupements d’intérêt économique ou de coopératives.

Tableau 3 : Estimation des superficies et des productions d’ananas
 

1995

1996

1997

1998

1999

Superficie (ha)

1 100

2 070

1 250

1 270

1 770

Rendements (t/ha)

34,2

43,2

46,8

35,4

44,3

Production (tonnes)

37 600

89 400

58 500

44 900

78 400

Source : Faostat.

La production a marqué un coup d’arrêt en 1997 et 1998, années qui ont également vu un recul des surfaces cultivées. Les plantations industrielles tournées vers l’exportation avaient fortement ralenti leur activité, abandonnant certaines parcelles, du fait d’un tarif de fret aérien (alors assuré par Air Afrique, en position de monopole) prohibitif. Cette évolution s’observe également au travers des statistiques d’exportation. Celles-ci ont connu une hausse continue de 1992 à 1994 en passant de 21 tonnes à 2 266 tonnes avant de s’effondrer pour stagner vers 300 tonnes au cours des années 1996-1999. La relative embellie de l’année 2000 demande à être confirmée.

Tableau 4 : Exportations d’ananas en quantité et en valeur
 

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

Tonnes

21

313

2 266

1 111

317

270

280

246

461

FCFA

-

-

173

86

27

22

-

28

40

Sources : INSAE / SEC de 1992 à 1998 ; DSEE / SEC pour 1999 et 2000.

L’ananas frais se vend aux alentours de 70-75 FCFA/kg sur les marchés locaux. Ces prix sont à peu près stables depuis le début de l’année 2001. Les prix FOB aéroport atteignent 300 à 325 FCFA/kg d’ananas emballé carton.

Au cours des dernières années, les pays destinataires des exportations béninoises étaient dans l’ordre la France (60%), la Belgique et dans une moindre mesure, la Suisse et l’Espagne. A Rungis, fin mars 2002, les ananas de Côte d’Ivoire catégorie B (1 100-1 500 g) avion/carton cotaient de 1,90 à 2,20 €/kg, soit 1 250 à 1 440 FCFA/kg.

b. Les agrumes

Il n’existe pas d’informations fiables concernant la production et la commercialisation des agrumes au Bénin. Les professionnels estiment que la production pourrait approcher les 200 000 tonnes, dont le tiers à la moitié se perd par pourriture faute d’infrastructures de conservation et d’une technologie appropriée de transformation.

Les agrumes sont cultivés un peu partout sur le territoire, soit à l’état naturel, soit plantés en culture pure ou associés à d’autres cultures. Les zones de grosses productions sont localisées dans le Zou et l’Ouémé, suivis du Mono et de l’Atlantique. L’orange vient en tête des productions d’agrumes devant la mandarine, le citron, le pamplemousse et le pomelo, ce dernier n’étant produit qu’en petites quantités.

c. La tomate

La tomate est produite un peu partout mais principalement dans les départements de l’Ouémé (35% de la production nationale), du Mono (25%), du Zou (12%) et de l’Atlantique (12%).

Tableau 5 : Superficies et productions de tomate
 

96/97

97/98

98/99

99/00

Superficie (ha)

18 186

21 430

20 097

21 115

Production (tonnes)

91 521

121 132

105 626

118 464

Source : DAPS / Ministère du Développement Rural.

Les rendements sont relativement faibles, de l’ordre de 5,6 t/ha en moyenne pour la campagne 1999/2000. La production est très saisonnière avec une période favorable de juin à octobre et un pic en juillet. Une petite production existe aussi de janvier à mars.

Cette forte saisonnalité influence les prix, qui sont très variables : en septembre 2001, la tomate se négociait 70 à 75 FCFA/kg sur le marché de Bohicon tandis que les prix atteignaient 325 à 350 FCFA/kg sur le même marché en mars 2002. En moyenne, les prix bord-champ sont de l’ordre de 60 FCFA/kg et les différents frais (transport, « taxes » intérieures) atteignent 30 FCFA. Les marges nettes totales, pour un prix de vente moyen sur les marchés urbains de 175 FCFA/kg, sont donc de 100%, à partager entre le grossiste et le détaillant.

d. Le piment

La production de piment est présente dans tous les départements. Lors de la campagne 1999/2000, l’Ouémé figure loin en tête avec près de 35% de la production nationale. Viennent ensuite le Zou (25%) et le Borgou (18%).

Tableau 6 : Superficies et productions de piment
 

96/97

97/98

98/99

99/00

Superficie (ha)

17 987

19 845

19 636

19 191

Production (tonnes)

18 186

23 897

20 070

19 970

Source : DAPS / Ministère du Développement Rural.

Les flux d’exportation empruntent surtout des circuits informels. On relève cependant un courant d’affaires déclaré vers le Sénégal.

Tableau 7 : Exportations de piments frais et séchés vers le Sénégal
 

Valeur

(en millions de FCFA)

Quantité

(en tonnes)

Prix moyen

(en FCFA/kg)

1999

17

52

330

2000

16

57

280

Source : DSEE / SEC.

Cette exportation est le fait de la société SOCACI. Celle-ci annonce 9 containers de 6 à 7 tonnes expédiés en 2000, 8 en 2001, et un objectif de 7 à 8 containers pour l’année 2002, pour un prix CAF valeur avril 2002 de 750 FCFA/kg et un prix de vente au détail à Dakar estimé entre 1 800 et 2 000 FCFA/kg.

Sur les marchés locaux, le prix d’achat des piments séchés, conditionnés en sacs jute de 32 kg, est de l’ordre de 550-600 FCFA/kg durant la période de production (de juin à octobre) et de 750 à 1 000 FCFA/kg voire plus quand le produit devient plus rare.

2.2.3. Organisation du secteur, principaux opérateurs et débouchés

La filière connaît un début de structuration avec l’Association des producteurs de fruits et légumes du Bénin. Les producteurs et les exportateurs d’ananas sont en outre représentés par la FENOPAB (Fédération nationale des organisations professionnelles de l’ananas du Bénin), qui cherche à organiser un encadrement agricole plus rigoureux et à développer l’industrie et le marché local de l’ananas.

a. Exportations en frais

Le courant d’exportation d’ananas frais est dominé par les sociétés FRUITEX et SAGRICO. En raison des tarifs élevés du fret aérien mais aussi de la nouvelle législation européenne sur les limites maximales de résidus de pesticides, certains opérateurs ont provisoirement renoncé à l’exportation des ananas, préférant écouler leur production sur le marché local (cas de la société AGRIMAXI) ou réorienter les options culturales (cas de l’ODIFIC).

La tomate entre dans la préparation des mets quotidiens béninois, mais elle est surtout consommée dans les grandes agglomérations urbaines. Le marché interne est très actif et il existe sans doute des échanges informels avec les pays voisins. Les perspectives de « grande exportation » sont toutefois faibles, du moins à l’état frais.

b. Transformation locale

En 1983, l’Etat a mis en place une unité industrielle à Za-Allahé (département du Zou) pour la transformation des agrumes en jus et l’extraction d’huiles essentielles. L’unité de l’ex-SONAFEL a été privatisée à la fin des années 1990. Le repreneur étudie actuellement la faisabilité d’un redémarrage des activités et envisage notamment la collaboration avec une société ivoirienne pour la production d’huile de bergamote, collaboration qui inclurait l’assistance technique sur les plantations.

De la même façon, l’usine de concentré de tomate et de jus de mangue installée par l’Etat à Nattitingou (département de l’Atakora) dans les années 1980 a récemment été privatisée. Le repreneur, qui n’est autre que celui de l’unité de Za-Allahé, étudie ici aussi la faisabilité d’un redémarrage des activités, du moins en ce qui concerne le concentré de tomate. Le premier problème, à savoir la compétitivité des approvisionnements, a été abordé en collaboration avec un groupe israélien. Ce dernier serait parvenu à élever les rendements des producteurs de tomate sous contrats, aux environs de 70 t/ha contre 20 t/ha auparavant et en dépit d’un objectif plus ambitieux (140 t/ha). L’assistance technique du groupe israélien a depuis été interrompue pour raison politique et l’activité de l’usine est en suspens en raison de problèmes de financement et de maîtrise technique.

Au Bénin, le séchage des piments se fait exclusivement de manière artisanale. Il consiste à exposer les piments au soleil et au vent en les étalant à même le sol ou sur des nattes, des claies ou encore sur les toits des maisons. Cette technique simple et peu onéreuse présente néanmoins beaucoup d’inconvénients pour la qualité des produits séchés.

2.2.4. Potentialités et contraintes

L’ananas béninois est généralement apprécié sur le marché européen mais la qualité des fruits est malheureusement hétérogène et irrégulière dans le temps. Parmi les autres contraintes majeures de ce produit, on retiendra les suivantes :

Ø      la compétitivité insuffisante des plantations béninoises modernes, notamment en raison d’un itinéraire technique inadéquat ;

Ø      le coût particulièrement élevé du fret aérien depuis Cotonou (650 FCFA/kg dont 510 FCFA pour le transport et 140 FCFA pour le transit et les frais de chargement), fret dont les capacités sont de surcroît limitées (3 000 tonnes par an à raison de 15 tonnes 4 fois par semaine à destination de Paris).

Actuellement, l’avion reste le seul moyen d’évacuer les ananas frais. Le fret maritime, nettement moins coûteux (de l’ordre de 150 FCFA/kg), nécessite de disposer de quantités importantes et donc de garanties sur le marché européen. Quant au marché sous-régional, il se développe depuis quelques années sous l’impulsion d’opérateurs nigériens et nigérians. Le Nigeria, qui produit également de l’ananas, ne parvient pas à satisfaire sa demande intérieure et s’approvisionne au Bénin entre les mois de juillet et de décembre. Ces circuits d’exportation, qui restent toutefois largement informels, ne permettent pas d’envisager un développement de la filière.

Outre sa forte saisonnalité et les difficultés d’approvisionnements qui en découlent pour une unité de transformation, la production de tomate souffre, comme d’autres denrées fortement périssables, de pertes post-récoltes importantes. L’amélioration de la qualité, passant notamment par un meilleur conditionnement, permettrait de valoriser ce produit sur le marché intérieur.

Comme nous l’avons mentionné, la qualité des piments séchés n’est pas garantie. Dans ces conditions, les perspectives d’exportation vers l’Europe sont quelque peu compromises.

2.3. Filière pêche et aquaclture

2.3.1. Généralités sur la filière

Le Bénin dispose d’une façade maritime longue de 121 km, avec un plateau continental assez étroit de 3100 km2, ainsi que d’un important réseau hydrographique continental composé de fleuves, de lacs et de lagunes. Les affluents du fleuve Niger, le Mékrou, l’Alibori et la Sota desservent la partie nord du pays. Le réseau sud (le Mono, le Couffo, l’Ouémé et son affluent le Zou) vient se jeter dans l’océan Atlantique au travers d’un vaste complexe fluvio-lacustre. Le dynamisme du secteur de la pêche continentale au Bénin se trouve concentré pour une grande part autour de ce complexe.

La filière pêche joue un rôle non négligeable dans l’économie nationale. Le Bénin produit environ 45 000 tonnes de poisson par an pour une consommation annuelle par tête de l’ordre de 9,7 kg dont 1,6 kg provient des pêches maritimes. Le pays importe chaque année environ 11 000 tonnes de poissons congelés pour satisfaire la demande. Le poisson constitue la source de protéines animales la plus importante dans l’alimentation de la population en général, et celle du sud en particulier. Le poisson représente environ 5% de l'apport protéique total et plus de 40% de la consommation totale de protéines animales.

Les activités de pêche au Bénin sont subdivisées en deux sous-secteurs : la pêche maritime et la pêche continentale qui emploient respectivement 38 000 et 58 000 pêcheurs, sans compter les autres acteurs de la filière que sont les mareyeuses, les transformateurs et les commerçants secondaires (au total, près de 400 000 personnes).

2.3.2. Production, commercialisation et prix des produits

a. Production
Tableau 8 : Production halieutique par sous-secteur (en tonnes)
 

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

Pêche maritime industrielle

586

692

593

813

593

604

268

Pêche maritime artisanale

6 344

7 290

10 307

9 548

7 949

5 320

8 146

Pêche continentale

37 449

34 193

32 871

31 778

31 894

26 400

30 001

TOTAL

44 379

42 175

43 771

42 139

40 436

32 324

38 415

Source : Direction des Pêches.

La pêche industrielle est pratiquée par de petites unités (16 à 25 m de longueur hors-tout) appartenant à des sociétés privées basées à Cotonou. La flottille est composée actuellement de 15 chalutiers. Elle exploite la même frange côtière des 3 à 5 miles marins que la pêche piroguière. Les captures débarquées sont constituées de sciaenidae, sphyraenidae, polynemidae, clupeidae, carangidae, sparidae, lutjanidae, scombridae et penaeidae.

Avec une moyenne annuelle de 650 tonnes sur la période 1994-99, la pêche industrielle fournit seulement 6% de la production marine totale.

Les évaluations de biomasse réalisées en 1988 par le Comité de Pêches pour l'Atlantique Centre-Est (COPACE) étaient de:

Ø      9 660 tonnes pour les petits pélagiques ;

Ø      10 260 tonnes pour les marquereaux ;

Ø      500 à 600 tonnes pour les poissons démersaux.

L'étude des stocks ichtyiques du plateau béninois réalisée en 1997 indiquait qu'une prise maximale équilibrée (PME) de 8 000 à 10 000 tonnes par an était supportable avec le niveau de l'effort constaté à l’époque.

S’agissant de la pêche artisanale maritime, celle-ci a connu une forte augmentation depuis les vingt dernières années. Comme le montre le tableau ci-dessus, la production de la pêche artisanale a connu depuis 1994 une évolution en dents de scie. En effet, de 6344 tonnes en 1994, elle a augmenté pendant deux années consécutives pour atteindre 10307 tonnes en 1996. Ensuite, la production a enregistré une baisse jusqu'en 1999 où seulement 5 320 tonnes de produit ont été débarquées. Une reprise est à noter pour 2000 avec 8146 tonnes.

En terme d’embarcations, il s’agit essentiellement de pirogues monoxyles importées du Ghana. Certaines sont équipées de conteneurs isothermes amovibles ou fixes leur permettant de prolonger la durée des marées à une semaine. Les pêcheurs utilisent principalement les filets dormants, filets flottants, filets à requin, sennes de plage, sennes tournantes, palangres.

Les périodes favorables à la pêche sur le plateau continental s'étendent d'octobre à février et de juillet à septembre.

La pêche continentale occupe deux catégories socioprofessionnelles (environ 50 000 pêcheurs et 20 000 mareyeuses) auxquelles elle procure des emplois spécifiques. Par ailleurs, elle fait vivre en amont et en aval, 300 000 personnes (vendeurs de matériel de pêche, fabricants de pirogues, femmes transformatrices et vendeuses de poisson, etc.). La majorité des pêcheurs (75% environ) sont des professionnels passant le maximum de leur temps sur l’eau. Ils pêchent au moyen de différents engins et pratiquent également différentes formes traditionnelles de pisciculture extensive (cf. ci-après). Parmi les 25% restants sont regroupés:

Ø      les agriculteurs-pêcheurs pour qui la pêche constitue une activité secondaire;

Ø      les pêcheurs saisonniers qui n'opèrent qu'en fonction des saisons;

Ø      les pêcheurs occasionnels pour qui la pêche n'est qu'une activité subsidiaire pour subvenir à leurs besoins;

Ø      une centaine de femmes qui, dans certaines régions, rivalisent avec les hommes en faisant la pêche aux crabes et aux huîtres;

Ø      les pisciculteurs qui interviennent par la technique de pisciculture traditionnelle extensive pour compléter les ressources tirées de la pêche.

Plus de 90% des quantités de poisson produites annuellement par les eaux intérieures béninoises sont pêchés dans les lagunes et lacs côtiers.

Les captures commerciales sont composées de plusieurs espèces : les cichlidae, clupeidae et crustacés qui représentent 85 % de la production totale débarquée.

Généralement, le pêcheur lagunaire pratique la pêche de manière solitaire à partir d'une petite pirogue monoxyle propulsée à l'aide de pagaie ou de perche. Les engins et techniques de capture sont diversifiés. On rencontre notamment: les filets, filet lancé ou épervier, filet fixe et filet traîné, les nasses (nasses à poisson, nasses à crevette), les lignes à main (palangres appâtées ou non), les balances à crabe (carrelets).

La pisciculture de type classique introduite au Bénin dans les années 1958-1960 a peu évolué. Les tentatives de relance de l'élevage intensif du tilapia en enclos et en étangs menées de 1979 à 1987 par le Centre de Développement de la Pisciculture de Godomey, ont échoué. Plus récemment en 1995, le gouvernement a bénéficié d'un prêt de EU$ 1,5 millions auprès de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour la construction à Bopa d'une station d'alevinage moderne dotée de fabrique d'aliment. L'objectif était de fournir aux quelques 450 pisciculteurs identifiés, des intrants de qualité (alevin, provende) et à un coût promotionnel.

Environ 3 500 pêcheurs s'adonnent à la pratique du acadja sur la lagune de Porto-Novo et le lac Nokoué. Acadja est un système traditionnel d'aménagement du milieu qui consiste à créer un habitat artificiel fait de branchages disposés dans l'eau. A l'intérieur du parc, le poisson se sent protégé des prédateurs et y trouve de bonnes conditions d'alimentation à partir du périphyton qui se développe sur la surface immergée des branchages. Le rendement du parc acadja varie de 1,5 à 8 t/ha/an en fonction de la densité des branchages.

Les whedo ou trous à poissons sont une autre forme d'aquaculture traditionnelle imaginée par les pêcheurs lagunaires pour tirer profit de la succession des crues et décrues dans les plaines. Ces étangs creusés sur nappe phréatique piègent les poissons qui effectuent une migration latérale au moment de la crue. On estime à 1 500 tonnes la production annuelle des 1 095 ha de trous à poissons de la vallée de l'Ouémé.

b. Destination des produits halieutiques

Environ, les ¾ de la production halieutique nationale sont consommés en frais; le reste est fumé, séché, salé ou frit avant d'être distribué sur les marchés à l'intérieur du pays.

La production halieutique nationale ne suffit pas à satisfaire la demande intérieure de sorte que le Bénin importe du poisson congelé et en conserve. On notait à la fin des années 90 un flux substantiel de poisson congelé en provenance de la Mauritanie.

c. Exportation

Les quantités de poissons frais exportées sont faibles et très irrégulières. Elles concernent essentiellement les poissons nobles démersaux (64,5 tonnes en 2000).

On note également un flux d’exportation de crevettes comme le montre le tableau ci-dessous :

Tableau 9 : Exportations de crevettes (en tonnes de produits frais)

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

333

312

250

453

306

456

733

Source : Direction des Pêches.

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