|
TABLE DES MATIERES
1. Informations générales sur le pays
1.1. Chiffres clés
de l’économie
1.2. Contexte économique
du développement
1.3. L’agriculture,
l’élevage et la pêche dans l’économie
2. Filières agro-industrielles sélectionnées.
2.1. Filière céréales
et autres produits vivriers.
2.1.1. Généralités sur la filière.
2.1.2. Statistiques de production.
2.1.3. Transformation locale.
2.1.4. Potentialités et contraintes.
2.1.5. Besoins de partenariat
2.2. Filière fruits
et légumes..
2.2.1. Généralités sur la filière.
2.2.2. Statistiques de production, de commercialisation et
prix des produits.
2.2.3. Organisation du secteur, principaux opérateurs et
débouchés.
2.2.4. Potentialités et contraintes.
2.3. Filière pêche
et aquaclture..
2.3.1. Généralités sur la filière.
2.3.2. Production, commercialisation et prix des produits.
2.3.3. Transformation locale.
2.3.4. Potentialités et contraintes.
2.3.5. Besoins de partenariat
2.4. Filière anacarde
2.4.1. Généralités sur la filière.
2.4.2. Statistiques de production, de commercialisation et
prix des produits.
2.4.3. Organisation du secteur et principaux opérateurs.
2.4.4. Potentialités et contraintes.
Au
début des années 1990, la République du Bénin définissait les
grandes orientations de sa politique agricole à travers la Lettre
de Déclaration de Politique de Développement Rural (LDPDR),
signée le 31 mai 1991. Par la suite intervenait la mise en œuvre
du Projet de Restructuration des Services Agricoles (PRSA) et
la tenue de la Table Ronde du Secteur Rural en septembre 1995.
Dans le même temps, l’Etat prenait différentes options politiques
visant l’ouverture internationale, l’intégration aux dynamiques
économiques régionales et la libéralisation interne de l’économie.
En
1999/2000, le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de
la Pêche réaffirmait les choix stratégiques retenus (Déclaration
de Politique de Développement Rural de juin 2000), précisait
les problématiques sectorielles et transversales (Schéma Directeur
du Développement Rural approuvé en avril 2000) et définissait
la mise en œuvre de la politique nationale de développement
rural (Plan Stratégique Opérationnel approuvé en août 2000).
Le
Bénin affirme ainsi sa volonté de réduire la dépendance vis-à-vis
des importations et de diversifier l’offre d’exportation via
l’amélioration de la compétitivité et une meilleure gestion
de la qualité tout au long des filières de production. Les productions
agricoles tournées vers l’exportation et/ou susceptibles d’être
valorisées pour le marché national sont encouragées.
Le
secteur primaire, base de l’économie béninoise, représente près
de 38% du PIB et occupe 80% de la population active. A l’exception
du riz et des protéines animales, le Bénin couvre ses besoins
alimentaires grâce à la production locale.
Le
coton, cultivé dans le nord du pays, est la principale culture
industrielle destinée à l’exportation. Elle concerne environ
300 000 petites exploitations et apporte entre 80 et 90% des
recettes d’exportation du pays. Il s’agit de la seule culture
dont la filière est organisée : les producteurs sont regroupés
au sein des Centres d’action régionaux pour le développement
rural (CARDER).
Outre
le coton, le palmier à huile, et dans une moindre mesure, l’arachide,
le café et le tabac constituent les produits d’exportation traditionnels
du pays. Dans le cadre de sa politique de diversification agricole,
l’Etat tente toutefois de promouvoir d’autres filières, parmi
lesquelles le riz, le manioc, le maïs, l’ananas et la noix de
cajou. Ces différents produits souffrent toutefois de contraintes
multiples, notamment pour assurer des approvisionnements stables
et des exportations quantitativement significatives. Pour certaines
cultures, cette difficulté est liée à l’inexistence de plantations
industrielles. Pour d’autres, elle tient à la faible organisation
des filières. L’absence de politique de crédit pour soutenir
la production à l’exportation constitue un autre handicap.
Le
sous-secteur de l’élevage représente environ 4% du PIB national
et ¼ du PIB sectoriel. La production animale demeure modeste
et peu structurée. De la même façon, la pêche, qui représente
2% du PIB, reste une activité artisanale dont les produits ne
couvrent pas les besoins nationaux.
Parce
qu’elles font l’objet d’un certain renouveau, nous avons retenu
la filière céréales et produits vivriers, la filière
fruits et légumes ainsi que le secteur de la pêche, avec
un accent particulier sur la filière crevettes. Nous
avons également abordé la nouvelle source de devises que représente
l’anacarde, en passe de devenir la principale exportation
en valeur du pays derrière le coton.
Au
cours de la campagne 1997-98, les emblavures en cultures annuelles
occupaient 1,8 millions d’hectares, soit 38% de la superficie
totale cultivable, estimée à 4,8 millions d’hectares. Les céréales
et les tubercules et autres racines tubérisées représentaient
plus de 60% des superficies cultivées.
Parmi
les céréales, les principales cultures en terme de surface cultivée
sont le maïs (75% des surfaces céréalières en 1997-98) et le
sorgho (19%). Le manioc et l’igname constituent l’essentiel
des surfaces cultivées en tubercules et autres racines tubérisées
(respectivement 57% et 40% des surfaces en 1997-98). Le maïs
est principalement cultivé dans la moitié sud du Bénin, le sorgho
dans la moitié nord. Une grande partie du manioc est cultivé
dans les départements côtiers. Les départements de l’Atacora
(au nord-est) et de l’Atlantique (au sud) produisent à eux deux
près de 80% de l’igname.
Si
tous ces produits apparaissent avant tout comme des produits
vivriers concourants à la sécurité alimentaire du pays, certains,
tels le maïs et le manioc, sont susceptibles de présenter des
débouchés pour les industries de transformation locales et sur
les marchés extérieurs.
Tableau
1 : Productions vivrières (en milliers de tonnes)
| |
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
évolution
1995/2000
|
|
Maïs
|
576
|
556
|
728
|
662
|
679
|
663
|
+
15,1%
|
|
Millet
|
22
|
24
|
27
|
29
|
30
|
34
|
+
54,5%
|
|
Sorgho
|
117
|
110
|
120
|
138
|
142
|
136
|
+
16,2%
|
|
Riz (paddy)
|
17
|
22
|
29
|
36
|
37
|
44
|
+
158,8%
|
|
Manioc
|
1
238
|
1
457
|
1
926
|
1
989
|
2
063
|
2
800
|
+
126,2%
|
|
Igname
|
1
286
|
1
342
|
1
514
|
1
584
|
1
628
|
1
773
|
+
37,9%
|
Source :
Faostat.
Le
maïs, le manioc et l’igname confirment leur place de principaux
produits vivriers. Parmi ces trois cultures, la production de
manioc a enregistré la plus forte croissance au cours des dernières
années, suivant ainsi la forte hausse de la demande intérieure
en farine de manioc (gari), l’un des aliments les moins chers
du marché. Le manioc et l’igname totalisaient 4,5 millions
de tonnes en 2000, soit un équivalent de 1,1 millions de tonnes
de produits transformés.
Les
productions de riz et de millet restent moins importantes, même
si elles connaissent de fortes progressions. Celle du riz est
sans doute en partie liée à la promotion de cette filière dans
le cadre de la politique de diversification agricole. La production
actuelle ne permet toutefois pas de couvrir les besoins nationaux,
estimés à plus de 80 000 tonnes.
En
ce qui concerne les rendements, les performances des principales
cultures sont relativement modestes : à peine 1,2 t/ha
pour le maïs, entre 10 et 11 t/ha pour l’igname et le manioc.
Il existe donc des marges importantes pour améliorer la productivité,
les rendements en manioc pouvant par exemple atteindre jusqu’à
40 t/ha.
a.
Description du secteur de la transformation
Si
l’on excepte la filière blé – largement dépendante des importations
– pour laquelle il existe deux minoteries (les Grands Moulins
du Bénin et les Grands Moulins du Golfe), la transformation
des céréales et autres produits vivriers demeure très artisanale
et essentiellement tournée vers l’autoconsommation.
Il
existe cependant trois décortiqueries de paddy, qui appartenaient
auparavant à l’Etat : l’ex-MITRO dans l’Ouémé, l’ex-SACLO
dans le Zou, ainsi qu’une rizerie installée à Nattitirou. Dans
les trois cas, l’équipement, de type semi-artisanal, est assez
sommaire.
L’Etat
avait également installé une maïserie industrielle d’une capacité
de 35 000 tonnes par an à Bohicon, laquelle a été privatisée
en 1996. Le repreneur, la société SOCIA, annonce toutefois une
activité dérisoire (15% de la capacité), principalement en gritz
de brasserie et en farines ménagères dont la qualité organoleptique
n’est toutefois pas pleinement en phase avec la demande. En
fait, ce dernier marché est complexe, fragmenté, mal connu et
les technologies industrielles appropriées ne sont pas réellement
maîtrisées.
Par
ailleurs, la demande en produits du manioc a suscité la création
d’une multitude de petites unités artisanales de transformation
commercialisant de l’amidon, du gari et même des cossettes quand
les débouchés à l’international offrent une bonne rentabilité.
Les établissements ADEOSSI à Savé possèdent la seule installation
industrielle de fabrication de gari, dotée d’une capacité de
râpage de l’ordre de 50 à 100 tonnes par jour. Incapable de
produire en régie une quantité suffisante de racines (par manque
de main-d’œuvre) et face aux échecs de contractualisation avec
les petits producteurs, l’unité, qui connaît en outre des problèmes
techniques (déséquilibre dans les capacités de production des
différentes opérations), aurait récemment cessé ses activités.
c.
Positionnement des produits et débouchés
Le
Bénin, qui importe du riz, du blé et des farines de blé, est
globalement autosuffisant pour le maïs et même parfois exportateur
vers les pays de la région (Niger, Burkina, Nigeria, Gabon,
Congo…). Il est très régulièrement excédentaire en ce qui concerne
le manioc.
Le
manioc et le maïs sont parmi les produits les plus commercialisés
et les plus prometteurs en termes de débouchés et de potentiel
de croissance. Les statistiques d’exportation affichent ainsi
440 tonnes de produits du manioc en 1999 et 195 tonnes l’année
suivante, et ce vers des destinations diverses : France,
Congo, Gabon, Etats-Unis, Sénégal, Niger, Nigeria, Ghana. Les
produits exportés sont sans doute plus ou moins transformés
car les prix déclarés s’inscrivent dans une fourchette large
(30 à 300 FCFA/kg), avec une moyenne à 80 FCFA/kg en 1999 et
153 FCFA/kg en 2000.
Tableau
2 : Analyse théorique du prix de revient du manioc
sur
la base d’une valeur CAF de 100 USD/tonne
|
Valeur CAF Europe
|
100
USD/tonne (cossettes)
|
|
Valeur FOB Cotonou
|
65 USD/tonne[2]
soit 39 FCFA/kg[3]
|
|
Frais
de mise à FOB
|
14
FCFA/kg
|
|
Prix ex-entrepôt Cotonou
|
25
FCFA/kg
|
|
Frais
au port et frais de transport intérieur
|
12
FCFA/kg
|
|
Prix
de vente des transformatrices artisanales et semi-industrielles
|
13
FCFA/kg
|
|
Prix
au producteur
|
4,35 FCFA/kg
(tubercules frais)[4]
|
Source :
Racaud / PADSE, 1999.
Dans
la mesure où le producteur a un coût de revient supérieur à
8 FCFA/kg et où il vend son manioc aux transformatrices à plus
de 22 FCFA/kg, il lui faudrait multiplier son rendement par
5 pour maintenir son revenu.
Concernant
le maïs, en 1999, la maïserie de Bohicon effectuait des livraisons
régulières, par contrat, de gritz de maïs aux brasseries béninoises,
répondant ainsi à la totalité de leurs besoins (environ 150
tonnes mensuelles). Par la suite, l’entreprise a connu des difficultés
commerciales, ne parvenant pas à faire accepter son gritz par
les responsables du groupe CASTEL, la principale brasserie béninoise.
Quant à la farine, la production a été affectée par la présence
de charançons, rendant le produit impropre à la consommation,
et les ventes n’ont évolué que très lentement du fait de la
concurrence des méthodes traditionnelles de transformation.
L’autosuffisance
alimentaire du pays demeure précaire en raison de fortes
disparités régionales relatives aux niveaux de production.
Celles-ci sont accentuées par des problèmes de desserte rurale
(mauvais état des routes) et des problèmes à caractères technique
et saisonnier (faible performance des systèmes de stockage,
de transformation et de conservation).
L’Europe,
qui importe plus de 3 millions de tonnes de cossettes par an,
offre un débouché garanti pour les produits dérivés du manioc
destinés à l’alimentation animale. Le manioc béninois présente
sur ce marché des atouts indéniables, notamment en terme de
qualité : sa teneur en amidon est par exemple supérieure
à celui de la Thaïlande, principal fournisseur de l’UE. Pourtant,
le Bénin ne parvient qu’à livrer des quantités minimes, et ce
malgré la forte croissance de la production nationale de racines
fraîches de manioc. Plusieurs facteurs permettent d’expliquer
la faiblesse des surplus disponibles pour l’exportation :
Ø
le niveau élevé de la consommation
locale, notamment en gari, un aliment très bon marché, qui a
vu sa consommation augmenter après la dévaluation et la baisse
du pouvoir d’achat des consommateurs ;
Ø
la faiblesse du rendement de transformation :
il faut 3 kg de racines fraîches de manioc pour obtenir un kilo
de manioc sec ;
Ø
des prix peu incitatifs : la
marge bénéficiaire des producteurs est relativement faible (inférieure
à 10%), d’autant qu’on observe une tendance à la baisse des
prix offerts par les exportateurs, confrontés au problème de
la compétitivité du manioc béninois sur le marché international
(la fixation des prix est liée à l’évolution du prix des céréales
fourragères et du soja, subventionnés par l’UE).
Comme
nous l’avons vu précédemment, et compte tenu de la structure
des prix sur le marché mondial, l’organisation d’une filière
d’exportation pour les cossettes de manioc nécessiterait d’améliorer
très fortement la productivité par hectare.
Qu’il
s’agisse du manioc ou du maïs, les technologies et les
process pour la production industrielle des farines ménagères
ne sont pas parfaitement maîtrisés. Les productions des
principales unités du secteur ne sont pas compétitives sur le
marché local en termes de prix et de qualité. Sur ce dernier
point, on constate une inadéquation entre les qualités organoleptiques
des produits industriels et les habitudes des consommateurs
béninois.
En
revanche, la qualité du gritz de maïs béninois est relativement
bonne, ce qui permettrait d’envisager des livraisons à l’ensemble
des brasseries ouest-africaines, qui importent régulièrement
ce produit d’Europe et d’Afrique du Sud.
La
gamme des produits dérivés du manioc est variée : gari,
tapioca, amidon ou fécule, cossettes, aliments du bétail. L’Etat
recherche actuellement des financements pour organiser cette
filière en vue de l’exportation et dans le cadre de projets
précis.
Une
meilleure structuration de la commercialisation du maïs devrait
contribuer à renforcer l’autosuffisance du pays et permettrait
de répondre aux besoins de la maïserie (à travers l’usine de
Bohicon) et de l’industrie de la brasserie, grande consommatrice
de gritz de maïs.
La
production des fruits a connu au Bénin un certain essor à compter
de la décennie 1980. Les principaux fruits produits sont par
ordre d’importance : l’ananas, les agrumes, la mangue,
les bananes, l’avocat, la papaye et la goyave.
Aucune
méthode appropriée de conservation des fruits frais n’existe
au Bénin. Le froid est assez peu utilisé compte tenu de son
coût prohibitif. De même, le séchage des fruits pour l’autoconsommation
ou la commercialisation est relativement peu connu. En revanche,
il existe une production artisanale de jus, confitures, sirops
et nectars mais les quantités sont faibles.
En
ce qui concerne les cultures maraîchères, la gamme est très
variée. La production de tomates est de loin la plus importante,
avec plus de 60% du tonnage maraîcher. Les autres productions
importantes sont le gombo, le piment et l’oignon. Selon les
habitudes alimentaires, les légumes sont commercialisés et consommés
soit frais soit séchés.
En
raison des potentialités d’exportation ou de valorisation locale,
nous retenons quatre produits : l’ananas, les agrumes,
la tomate et le piment.
a.
L’ananas
Les
zones de production traditionnelles sont le Mono, le Zou, l’Ouémé
et l’Atlantique. La dernière région, et en particulier le Plateau
d’Allada, héberge les plantations les plus modernes qui produisent
pour l’exportation. Les variétés cultivées sont la Cayenne lisse
(notamment pour l’export) et le Pain de sucre (principalement
pour le marché local).
La
production d’ananas est assurée par des plantations modernes
mais aussi par des petits producteurs regroupés au sein de groupements
d’intérêt économique ou de coopératives.
Tableau
3 : Estimation des superficies et des productions d’ananas
| |
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
|
Superficie
(ha)
|
1
100
|
2
070
|
1
250
|
1
270
|
1
770
|
|
Rendements (t/ha)
|
34,2
|
43,2
|
46,8
|
35,4
|
44,3
|
|
Production (tonnes)
|
37
600
|
89
400
|
58
500
|
44
900
|
78
400
|
Source :
Faostat.
La
production a marqué un coup d’arrêt en 1997 et 1998, années
qui ont également vu un recul des surfaces cultivées. Les plantations
industrielles tournées vers l’exportation avaient fortement
ralenti leur activité, abandonnant certaines parcelles, du fait
d’un tarif de fret aérien (alors assuré par Air Afrique, en
position de monopole) prohibitif. Cette évolution s’observe
également au travers des statistiques d’exportation. Celles-ci
ont connu une hausse continue de 1992 à 1994 en passant de 21
tonnes à 2 266 tonnes avant de s’effondrer pour stagner vers
300 tonnes au cours des années 1996-1999. La relative embellie
de l’année 2000 demande à être confirmée.
Tableau
4 : Exportations d’ananas en quantité et en valeur
| |
1992
|
1993
|
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
|
Tonnes
|
21
|
313
|
2
266
|
1
111
|
317
|
270
|
280
|
246
|
461
|
|
FCFA
|
-
|
-
|
173
|
86
|
27
|
22
|
-
|
28
|
40
|
Sources :
INSAE / SEC de 1992 à 1998 ; DSEE / SEC pour 1999 et 2000.
L’ananas
frais se vend aux alentours de 70-75 FCFA/kg sur les marchés
locaux. Ces prix sont à peu près stables depuis le début de
l’année 2001. Les prix FOB aéroport atteignent 300 à 325 FCFA/kg
d’ananas emballé carton.
Au
cours des dernières années, les pays destinataires des exportations
béninoises étaient dans l’ordre la France (60%), la Belgique
et dans une moindre mesure, la Suisse et l’Espagne. A Rungis,
fin mars 2002, les ananas de Côte d’Ivoire catégorie B (1 100-1
500 g) avion/carton cotaient de 1,90 à 2,20 €/kg, soit 1 250
à 1 440 FCFA/kg.
b.
Les agrumes
Il
n’existe pas d’informations fiables concernant la production
et la commercialisation des agrumes au Bénin. Les professionnels
estiment que la production pourrait approcher les 200 000
tonnes, dont le tiers à la moitié se perd par pourriture faute
d’infrastructures de conservation et d’une technologie appropriée
de transformation.
Les
agrumes sont cultivés un peu partout sur le territoire, soit
à l’état naturel, soit plantés en culture pure ou associés à
d’autres cultures. Les zones de grosses productions sont localisées
dans le Zou et l’Ouémé, suivis du Mono et de l’Atlantique. L’orange
vient en tête des productions d’agrumes devant la mandarine,
le citron, le pamplemousse et le pomelo, ce dernier n’étant
produit qu’en petites quantités.
c.
La tomate
La
tomate est produite un peu partout mais principalement dans
les départements de l’Ouémé (35% de la production nationale),
du Mono (25%), du Zou (12%) et de l’Atlantique (12%).
Tableau
5 : Superficies et productions de tomate
| |
96/97
|
97/98
|
98/99
|
99/00
|
|
Superficie
(ha)
|
18
186
|
21
430
|
20
097
|
21
115
|
|
Production (tonnes)
|
91
521
|
121
132
|
105
626
|
118
464
|
Source :
DAPS / Ministère du Développement Rural.
Les
rendements sont relativement faibles, de l’ordre de 5,6 t/ha
en moyenne pour la campagne 1999/2000. La production est très
saisonnière avec une période favorable de juin à octobre et
un pic en juillet. Une petite production existe aussi de janvier
à mars.
Cette
forte saisonnalité influence les prix, qui sont très variables :
en septembre 2001, la tomate se négociait 70 à 75 FCFA/kg sur
le marché de Bohicon tandis que les prix atteignaient 325 à
350 FCFA/kg sur le même marché en mars 2002. En moyenne, les
prix bord-champ sont de l’ordre de 60 FCFA/kg et les différents
frais (transport, « taxes » intérieures) atteignent
30 FCFA. Les marges nettes totales, pour un prix de vente moyen
sur les marchés urbains de 175 FCFA/kg, sont donc de 100%, à
partager entre le grossiste et le détaillant.
d.
Le piment
La
production de piment est présente dans tous les départements.
Lors de la campagne 1999/2000, l’Ouémé figure loin en tête avec
près de 35% de la production nationale. Viennent ensuite le
Zou (25%) et le Borgou (18%).
Tableau
6 : Superficies et productions de piment
| |
96/97
|
97/98
|
98/99
|
99/00
|
|
Superficie
(ha)
|
17
987
|
19
845
|
19
636
|
19
191
|
|
Production (tonnes)
|
18
186
|
23
897
|
20
070
|
19
970
|
Source :
DAPS / Ministère du Développement Rural.
Les
flux d’exportation empruntent surtout des circuits informels.
On relève cependant un courant d’affaires déclaré vers le Sénégal.
Tableau
7 : Exportations de piments frais et séchés vers le Sénégal
|
|
Valeur
(en millions de FCFA)
|
Quantité
(en tonnes)
|
Prix moyen
(en FCFA/kg)
|
|
1999
|
17
|
52
|
330
|
|
2000
|
16
|
57
|
280
|
Source :
DSEE / SEC.
Cette
exportation est le fait de la société SOCACI. Celle-ci annonce
9 containers de 6 à 7 tonnes expédiés en 2000, 8 en 2001, et
un objectif de 7 à 8 containers pour l’année 2002, pour un prix
CAF valeur avril 2002 de 750 FCFA/kg et un prix de vente au
détail à Dakar estimé entre 1 800 et 2 000 FCFA/kg.
Sur
les marchés locaux, le prix d’achat des piments séchés, conditionnés
en sacs jute de 32 kg, est de l’ordre de 550-600 FCFA/kg
durant la période de production (de juin à octobre) et de 750
à 1 000 FCFA/kg voire plus quand le produit devient plus rare.
La
filière connaît un début de structuration avec l’Association
des producteurs de fruits et légumes du Bénin. Les producteurs
et les exportateurs d’ananas sont en outre représentés par la
FENOPAB (Fédération nationale des organisations professionnelles
de l’ananas du Bénin), qui cherche à organiser un encadrement
agricole plus rigoureux et à développer l’industrie et le marché
local de l’ananas.
a.
Exportations en frais
Le
courant d’exportation d’ananas frais est dominé par les sociétés
FRUITEX et SAGRICO. En raison des tarifs élevés du fret aérien
mais aussi de la nouvelle législation européenne sur les limites
maximales de résidus de pesticides, certains opérateurs ont
provisoirement renoncé à l’exportation des ananas, préférant
écouler leur production sur le marché local (cas de la société
AGRIMAXI) ou réorienter les options culturales (cas de l’ODIFIC).
La
tomate entre dans la préparation des mets quotidiens béninois,
mais elle est surtout consommée dans les grandes agglomérations
urbaines. Le marché interne est très actif et il existe sans
doute des échanges informels avec les pays voisins. Les perspectives
de « grande exportation » sont toutefois faibles,
du moins à l’état frais.
b.
Transformation locale
En
1983, l’Etat a mis en place une unité industrielle à Za-Allahé
(département du Zou) pour la transformation des agrumes en jus
et l’extraction d’huiles essentielles. L’unité de l’ex-SONAFEL
a été privatisée à la fin des années 1990. Le repreneur étudie
actuellement la faisabilité d’un redémarrage des activités et
envisage notamment la collaboration avec une société ivoirienne
pour la production d’huile de bergamote, collaboration qui inclurait
l’assistance technique sur les plantations.
De
la même façon, l’usine de concentré de tomate et de jus de mangue
installée par l’Etat à Nattitingou (département de l’Atakora)
dans les années 1980 a récemment été privatisée. Le repreneur,
qui n’est autre que celui de l’unité de Za-Allahé, étudie ici
aussi la faisabilité d’un redémarrage des activités, du moins
en ce qui concerne le concentré de tomate. Le premier problème,
à savoir la compétitivité des approvisionnements, a été abordé
en collaboration avec un groupe israélien. Ce dernier serait
parvenu à élever les rendements des producteurs de tomate sous
contrats, aux environs de 70 t/ha contre 20 t/ha auparavant
et en dépit d’un objectif plus ambitieux (140 t/ha). L’assistance
technique du groupe israélien a depuis été interrompue pour
raison politique et l’activité de l’usine est en suspens en
raison de problèmes de financement et de maîtrise technique.
Au
Bénin, le séchage des piments se fait exclusivement de manière
artisanale. Il consiste à exposer les piments au soleil et au
vent en les étalant à même le sol ou sur des nattes, des claies
ou encore sur les toits des maisons. Cette technique simple
et peu onéreuse présente néanmoins beaucoup d’inconvénients
pour la qualité des produits séchés.
L’ananas
béninois est généralement apprécié sur le marché européen mais
la qualité des fruits est malheureusement hétérogène et irrégulière
dans le temps. Parmi les autres contraintes majeures de ce produit,
on retiendra les suivantes :
Ø
la compétitivité insuffisante
des plantations béninoises modernes, notamment en raison
d’un itinéraire technique inadéquat ;
Ø
le coût particulièrement élevé
du fret aérien depuis Cotonou (650 FCFA/kg dont 510 FCFA
pour le transport et 140 FCFA pour le transit et les frais de
chargement), fret dont les capacités sont de surcroît limitées
(3 000 tonnes par an à raison de 15 tonnes 4 fois par semaine
à destination de Paris).
Actuellement,
l’avion reste le seul moyen d’évacuer les ananas frais. Le fret
maritime, nettement moins coûteux (de l’ordre de 150 FCFA/kg),
nécessite de disposer de quantités importantes et donc de garanties
sur le marché européen. Quant au marché sous-régional, il se
développe depuis quelques années sous l’impulsion d’opérateurs
nigériens et nigérians. Le Nigeria, qui produit également de
l’ananas, ne parvient pas à satisfaire sa demande intérieure
et s’approvisionne au Bénin entre les mois de juillet et de
décembre. Ces circuits d’exportation, qui restent toutefois
largement informels, ne permettent pas d’envisager un développement
de la filière.
Outre
sa forte saisonnalité et les difficultés d’approvisionnements
qui en découlent pour une unité de transformation, la production
de tomate souffre, comme d’autres denrées fortement périssables,
de pertes post-récoltes importantes. L’amélioration de
la qualité, passant notamment par un meilleur conditionnement,
permettrait de valoriser ce produit sur le marché intérieur.
Comme
nous l’avons mentionné, la qualité des piments séchés n’est
pas garantie. Dans ces conditions, les perspectives d’exportation
vers l’Europe sont quelque peu compromises.
Le
Bénin dispose d’une façade maritime longue de 121 km, avec un
plateau continental assez étroit de 3100 km2, ainsi
que d’un important réseau hydrographique continental composé
de fleuves, de lacs et de lagunes. Les affluents du fleuve Niger,
le Mékrou, l’Alibori et la Sota desservent la partie nord du
pays. Le réseau sud (le Mono, le Couffo, l’Ouémé et son affluent
le Zou) vient se jeter dans l’océan Atlantique au travers d’un
vaste complexe fluvio-lacustre. Le dynamisme du secteur de la
pêche continentale au Bénin se trouve concentré pour une grande
part autour de ce complexe.
La
filière pêche joue un rôle non négligeable dans l’économie nationale.
Le Bénin produit environ 45 000 tonnes de poisson par an
pour une consommation annuelle par tête de l’ordre de 9,7 kg
dont 1,6 kg provient des pêches maritimes. Le pays importe chaque
année environ 11 000 tonnes de poissons congelés pour satisfaire
la demande. Le poisson constitue la source de protéines animales
la plus importante dans l’alimentation de la population en général,
et celle du sud en particulier. Le poisson représente environ
5% de l'apport protéique total et plus de 40% de la consommation
totale de protéines animales.
Les
activités de pêche au Bénin sont subdivisées en deux sous-secteurs
: la pêche maritime et la pêche continentale qui emploient respectivement
38 000 et 58 000 pêcheurs, sans compter les autres
acteurs de la filière que sont les mareyeuses, les transformateurs
et les commerçants secondaires (au total, près de 400 000
personnes).
a.
Production
Tableau
8 : Production halieutique par sous-secteur (en tonnes)
| |
1994
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
|
Pêche maritime industrielle
|
586
|
692
|
593
|
813
|
593
|
604
|
268
|
|
Pêche maritime artisanale
|
6
344
|
7
290
|
10
307
|
9
548
|
7
949
|
5
320
|
8
146
|
|
Pêche continentale
|
37
449
|
34
193
|
32
871
|
31
778
|
31
894
|
26
400
|
30
001
|
|
TOTAL
|
44
379
|
42
175
|
43
771
|
42
139
|
40
436
|
32
324
|
38
415
|
Source :
Direction des Pêches.
La
pêche industrielle est pratiquée par de petites unités
(16 à 25 m de longueur hors-tout) appartenant à des sociétés
privées basées à Cotonou. La flottille est composée actuellement
de 15 chalutiers. Elle exploite la même frange côtière des 3
à 5 miles marins que la pêche piroguière. Les captures débarquées
sont constituées de sciaenidae, sphyraenidae, polynemidae, clupeidae,
carangidae, sparidae, lutjanidae, scombridae et penaeidae.
Avec
une moyenne annuelle de 650 tonnes sur la période 1994-99, la
pêche industrielle fournit seulement 6% de la production marine
totale.
Les
évaluations de biomasse réalisées en 1988 par le Comité de Pêches
pour l'Atlantique Centre-Est (COPACE) étaient de:
Ø
9 660 tonnes pour les petits pélagiques ;
Ø
10 260 tonnes pour les marquereaux ;
Ø
500 à 600 tonnes pour les poissons
démersaux.
L'étude
des stocks ichtyiques du plateau béninois réalisée en 1997 indiquait
qu'une prise maximale équilibrée (PME) de 8 000 à 10 000 tonnes
par an était supportable avec le niveau de l'effort constaté
à l’époque.
S’agissant
de la pêche artisanale maritime, celle-ci a connu une
forte augmentation depuis les vingt dernières années. Comme
le montre le tableau ci-dessus, la production de la pêche artisanale
a connu depuis 1994 une évolution en dents de scie. En effet,
de 6344 tonnes en 1994, elle a augmenté pendant deux années
consécutives pour atteindre 10307 tonnes en 1996. Ensuite, la
production a enregistré une baisse jusqu'en 1999 où seulement
5 320 tonnes de produit ont été débarquées. Une reprise est
à noter pour 2000 avec 8146 tonnes.
En
terme d’embarcations, il s’agit essentiellement de pirogues
monoxyles importées du Ghana. Certaines sont équipées de conteneurs
isothermes amovibles ou fixes leur permettant de prolonger la
durée des marées à une semaine. Les pêcheurs utilisent principalement
les filets dormants, filets flottants, filets à requin, sennes
de plage, sennes tournantes, palangres.
Les
périodes favorables à la pêche sur le plateau continental s'étendent
d'octobre à février et de juillet à septembre.
La
pêche continentale occupe deux catégories socioprofessionnelles
(environ 50 000 pêcheurs et 20 000 mareyeuses) auxquelles
elle procure des emplois spécifiques. Par ailleurs, elle fait
vivre en amont et en aval, 300 000 personnes (vendeurs de matériel
de pêche, fabricants de pirogues, femmes transformatrices et
vendeuses de poisson, etc.). La majorité des pêcheurs (75% environ)
sont des professionnels passant le maximum de leur temps sur
l’eau. Ils pêchent au moyen de différents engins et pratiquent
également différentes formes traditionnelles de pisciculture
extensive (cf. ci-après). Parmi les 25% restants sont regroupés:
Ø
les agriculteurs-pêcheurs pour qui
la pêche constitue une activité secondaire;
Ø
les pêcheurs saisonniers qui n'opèrent
qu'en fonction des saisons;
Ø
les pêcheurs occasionnels pour qui
la pêche n'est qu'une activité subsidiaire pour subvenir à leurs
besoins;
Ø
une centaine de femmes qui, dans
certaines régions, rivalisent avec les hommes en faisant la
pêche aux crabes et aux huîtres;
Ø
les pisciculteurs qui interviennent
par la technique de pisciculture traditionnelle extensive pour
compléter les ressources tirées de la pêche.
Plus
de 90% des quantités de poisson produites annuellement par les
eaux intérieures béninoises sont pêchés dans les lagunes et
lacs côtiers.
Les
captures commerciales sont composées de plusieurs espèces :
les cichlidae, clupeidae et crustacés qui représentent 85 %
de la production totale débarquée.
Généralement,
le pêcheur lagunaire pratique la pêche de manière solitaire
à partir d'une petite pirogue monoxyle propulsée à l'aide de
pagaie ou de perche. Les engins et techniques de capture sont
diversifiés. On rencontre notamment: les filets, filet lancé
ou épervier, filet fixe et filet traîné, les nasses (nasses
à poisson, nasses à crevette), les lignes à main (palangres
appâtées ou non), les balances à crabe (carrelets).
La
pisciculture de type classique introduite au Bénin dans
les années 1958-1960 a peu évolué. Les tentatives de relance
de l'élevage intensif du tilapia en enclos et en étangs menées
de 1979 à 1987 par le Centre de Développement de la Pisciculture
de Godomey, ont échoué. Plus récemment en 1995, le gouvernement
a bénéficié d'un prêt de EU$ 1,5 millions auprès de la Banque
Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour la construction
à Bopa d'une station d'alevinage moderne dotée de fabrique d'aliment.
L'objectif était de fournir aux quelques 450 pisciculteurs identifiés,
des intrants de qualité (alevin, provende) et à un coût promotionnel.
Environ
3 500 pêcheurs s'adonnent à la pratique du acadja sur
la lagune de Porto-Novo et le lac Nokoué. Acadja est
un système traditionnel d'aménagement du milieu qui consiste
à créer un habitat artificiel fait de branchages disposés dans
l'eau. A l'intérieur du parc, le poisson se sent protégé des
prédateurs et y trouve de bonnes conditions d'alimentation à
partir du périphyton qui se développe sur la surface immergée
des branchages. Le rendement du parc acadja varie de
1,5 à 8 t/ha/an en fonction de la densité des branchages.
Les
whedo ou trous à poissons sont une autre forme d'aquaculture
traditionnelle imaginée par les pêcheurs lagunaires pour tirer
profit de la succession des crues et décrues dans les plaines.
Ces étangs creusés sur nappe phréatique piègent les poissons
qui effectuent une migration latérale au moment de la crue.
On estime à 1 500 tonnes la production annuelle des 1 095 ha
de trous à poissons de la vallée de l'Ouémé.
b.
Destination des produits halieutiques
Environ,
les ¾ de la production halieutique nationale sont consommés
en frais; le reste est fumé, séché, salé ou frit avant d'être
distribué sur les marchés à l'intérieur du pays.
La
production halieutique nationale ne suffit pas à satisfaire
la demande intérieure de sorte que le Bénin importe du poisson
congelé et en conserve. On notait à la fin des années 90 un
flux substantiel de poisson congelé en provenance de la Mauritanie.
c.
Exportation
Les
quantités de poissons frais exportées sont faibles et très irrégulières.
Elles concernent essentiellement les poissons nobles démersaux
(64,5 tonnes en 2000).
On
note également un flux d’exportation de crevettes comme le montre
le tableau ci-dessous :
Tableau
9 : Exportations de crevettes (en tonnes de produits frais)
|
1995
|
1996
|
1997
|
1998
|
1999
|
2000
|
2001
|
|
333
|
312
|
250
|
453
|
306
|
456
|
733
|
Source :
Direction des Pêches.
De
|